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"Découverte et observation" Le Porche - Écluse de la Chappe

samedi 1er mars 2014, par Jean Bouguereau

Découverte et observation du 2 mars 2014
De l’écluse du Porche au moulin de la Chappe

Nouveau mois , nouvelle région ! Le pays de Bourges . Ce matin la température extérieure est négative, la campagne a revêtu un léger manteau blanc déposé par la gelée de la nuit. Le soleil brille de mille feux et réchauffe les cœurs de la quarantaine d’Arécabistes et sympathisants qui rejoignent les berges du lac d’Auron et du canal de Berry en partie disparu.

Pour mémoire : En 1809 le directeur général des Ponts et Chaussées décide qu’un canal serait ouvert latéralement au cher de Montluçon à Vierzon, mais en 1810 sous l’impulsion du Conseil Général du Cher, le canal quitte la vallée du Cher et passe par Bourges. Que reste-t-il dans cette ville du canal de Berry en partie remblayé et remplacé par « la trouée verte » lors du creusement du lac d’Auron ?
Il est difficile de parler du canal de Berry déclassé en 1955, en parcourant les berges du plan d’eau du Val d’Auron. Hormis la présence des bajoyers de l’écluse de Mazières et la maison éclusière du Porche d’où nous sommes partis, aucune trace ne subsiste puisque son linéaire passait au milieu de ces 84ha d’eau. Cependant pour l’avenir, cette étendue d’eau Nord/Sud de 2,3km de longueur n’est pas un obstacle comme trop souvent rencontré ailleurs, mais au contraire un trait d’union déjà en eau, prêt à contribuer à la réalisation de la jonction Bourges-Plaimpied.

« Nous sommes au centre d’une ancienne prairie, dont la partie au delà du Boulevard de l’industrie s’appelle toujours le prairie Saint Paul » située dans le lit majeur de l’Auron. Pressés de découvrir l’alimentation de la Rampenne, rivière située rive gauche du lac d‘Auron nous en oublions celle de l’Auron rive droite, mais qu’importe très peu de personnes ont remarqué cette erreur ! Sous la houlette de Gilou, Claude et André nous atteignons rapidement un magnifique petit pont sous lequel serpente la Rampenne dont le linéaire sera modifié puis canalisé pour réapparaître près de l’ancienne usine Mazières. A proximité, un arrêté préfectoral de 2004 nous informe de la protection des biotopes du lac d’Auron.
Ce site, par sa beauté, sa proximité avec le centre historique de Bourges (vue sur la cathédrale) ses 6km de pourtour praticable en vélo, à pied, la diversité espèces animales qui s’y sont installées particulièrement les oiseaux d’eau : oies centrées, de Guinée, canards colvert, fulicules milloin, fulicules morillon, foulques macroules, grèbes huppés, cygnes, hérons cendrés, aigrettes garzettes, grands cormorans, mouettes rieuses, sternes, sarcelles d’hiver, poules d’eau, et des individus restés par accident telles bernaches du Canada, oie barrée des pays du Nord, etc. contribue à attirer en grand nombre les berruyers et les touristes. Sur l’ile biotope, les hérons nidifient en colonie, dans les arbres les plus hauts. Une centaine de grands cormorans au plumage noir et aux reflets vert bronze a élu domicile à proximité dans les arbres de taille plus petite. Toutes ces zones de pêche, de navigation, l’ile biotope sont délimitées par des bouées de couleur jaune et rouge, nouvelle réglementation de 2013. De temps en temps nous quittons cette magnifique liaison verte qui serpente autour du lac, pour suivre des sentiers boueux mais plus proches du lac . Creusé dans le lit de la rivière l’Auron, peu profond, environ 2,50m, le lac a été vidangé et désenvasé en 2000, aujourd’hui de nouveaux travaux importants et coûteux seraient nécessaires. On peut rappeler que les activités de niveau régional, national et parfois européen sont : l’aviron, la voile, le canoë kayac, le modélisme, la pêche sportive, la pêche enduro carpe. Claude nous informe que récemment la fédération de pêche « Le Martin Pêcheur » a lâché 2 tonnes de poisson divers, carpes miroir, sandres, brochets, gardons, pour le plaisir des petits et des grands. D’autres activités se fixent autour du plan d’eau à travers les associations telles que la LPO, parcours du cœur, etc. et les manifestations annuelles comme le feu d’artifice du 14 juillet, le défi inter entreprises. Ce projet initié par le maire de Bourges M. Boisdé (1959-1977) très contesté à l’époque, finalement réalisé et inauguré en 1977, doit continuer à se développer avec le retour à la navigation de tourisme sur le canal de Berry avec son linéaire partagé (notre but) à ces deux extrémités et qui ne pourrait que contribuer à créer un ensemble harmonieux pour l’attrait et le développement de la ville de Bourges et ses habitants.
Nous arrivons à l’écluse de Mazières maintenue en eau grâce au lac, protégée des imprudents par de hautes grilles. Le rêve est permis, nous imaginons le canal de Berry s’étirant devant nous sur plusieurs centaines de mètres. Nous nous dirigeons vers le barrage du lac d’Auron qui permet à la rivière de retrouver son cours normal. Quelques bancs nous invitent au repos et à la pause café, thé, jus de fruit, gâteaux ... Nos participants très intéressés par le moindre détail, le moindre fait passé ou à venir posent de nombreuses questions très pertinentes. Gilou nous guide de nouveau sur un sentier de traverse pour rejoindre la trouée verte construite sur l’emprise du canal comblé. Sur notre gauche les jardins dans les marais Robinson sont encore endormis et nous distinguons l’ancienne voie du tacot, tandis qu’à notre droite un bras de l’Auron étale allègrement ses eaux sur les jardins. Deux magnifiques rangées de platanes, difficiles à dater, délimitent l’emplacement du canal. Le canal de Berry situé entre les marais Robinson, la ligne de tacot et la Rampenne sur notre gauche, le goulu et l’Auron sur notre droite, a connu ici ses heures de gloire. Bernard LANCON , Arécabiste aujourd’hui avec nous, nous rappelle qu’en 1946 , devant une foule compacte , il a participé ici même à des compétitions de canoës confectionnés à partir de plaques d’aluminium. C’était avant-hier ! Gilou se souvient de l’époque où les professeurs d’éducation physique du lycée de Gionne les amenaient l’hiver au début des années 60 (là c’était hier !) faire des glissades, entre le boulevard de l’industrie et l’écluse de Mazières, sur le canal de Berry gelé. Impossible aujourd’hui avec le canal comblé du Porche à l’écluse Messire Jacques où nous arrivons. Les eaux de l’Auron, du goulu et du canal de Berry se rassemblent pour alimenter la racle de l’Auron. Devant nous à quelques mètres le Moulin de la Chappe trône majestueusement au milieu de l’Auron . Le bassin de l’Auron aux portes de la ville de Bourges est un espace de partage de l’eau. Il est formé du canal de Berry en râcle de l’Auron avec en rive gauche l’écluse du Moulin de la Chappe ou écluse Louis XI et en rive droite le barrage sur la rivière l’Auron. Monsieur Grosbois, le propriétaire du moulin nous attend. Très gentiment, en toute simplicité il nous ouvre les portes de son moulin et pendant plus d’une demi-heure il répond à notre flot de questions. Ce magnifique patrimoine situé à proximité du Boulevard et du pont d’Auron dont les origines remontent au 14ème Siècle a subi des travaux au fil des décennies. Une pierre gravée 1447 est visible dans le bief. Ce moulin acquît par la famille GROSBOIS en 1936, électrifié en 1965 est toujours en activité et dirigé par la même famille. Le neveu du propriétaire fabrique de la farine issue de blé cultivé uniquement dans la région centre .
La roue à aubes qui a cessé de tourner en 1870 se mire dans l’eau sous les rayons du soleil. Large de 3m pour un diamètre de 8m, cette superbe roue ne demande qu’à être restaurée, mise en valeur et reprendre ses fonctions premières. Monsieur GROSBOIS, propriétaire du moulin et des trois quart du barrage se sent aujourd’hui menacé, agressé par tous ces services de l’état qui n’ont qu’un objectif : araser seuils et barrages pour la continuité écologique de l’eau, la libre circulation piscicole et sédimentaire. Monsieur GROSBOIS a besoin du soutien que lui apporte aujourd’hui ses amis, ses relations mais aussi l’ARECABE et que lui apporteront, du moins nous l’espérons, les berruyers qui ne veulent pas voir tous les jours sous leurs yeux aux portes de Bourges, le bassin de l’Auron devenir un marigot, un égout à ciel ouvert, un mince filet d’eau dans le canal de Berry, une navigation douce condamnée à tous jamais, conséquences de l’arasement du barrage du moulin de la Chappe.

Ce compte rendu est un travail collectif Mireille – Gilles – Claude - Madeleine

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