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Notre déposition à propos de l’enquête publique du SIVY

mardi 14 juillet 2015, par André BARRE, ARLETTE, Mireille CHARBY

Déposition de l’ARECABE enquête publique du SIVY pour la déclaration d’intérêt général et la demande d’autorisation pour des travaux de restauration et d’entretien des milieux aquatique du bassin de l’Yèvre. Juin 2015

L’ARECABE, porte un grand intérêt dans la défense du canal de Berry et sa réouverture, à promouvoir le canal de Berry dans sa globalité, en étant l’interface entre les institutions et le public. Depuis 1996, l’ARECABE intervient en faveur d’une réouverture du canal de Berry à la navigation de plaisance pour le tourisme vert. Nous considérons que ce projet n’est pas une utopie fantaisiste, mais qu’il doit s’inscrire dans une politique ambitieuse et réaliste de valorisation environnementale et économique des territoires parcourus, « des volcans d’Auvergne aux châteaux de la Loire ». Ses statuts sont sans ambiguïté à ce sujet. Nous organisons ou participons à des manifestations, animations et salons pour toucher le plus grand nombre. Nous organisons également des parcours découverte, afin de noter, découvrir, photographier, réaliser la topographie afin d’éditer des documents pour les cyclistes, les randonneurs, les pêcheurs, les touristes et poser des questions sur le linéaire, permettre à la population de s’approprier le canal de Berry, contribuer à fédérer toutes les bonnes volontés sensibles au tourisme fluvial, dans la dynamique d’un espace à partager avec tous ses usagers potentiels.

Son gabarit étroit et ses écluses de 2,70m de large ont été un handicap pour la navigation commerciale, mais ils lui confèrent un charme tout particulier. Long de 260 km, composé de trois branches, le canal de Berry se dessine dans des régions très variées : Bourbonnais, Berry, Vallée du Cher, portes de la Touraine et confins du Sancerrois à Marseilles-les-Aubigny où il s’ouvre sur le réseau fluvial français et européen. Ses atouts sont multiples et variés, du patrimoine le plus riche à la gastronomie la plus délicate en passant par toutes les ressources environnementales de paysages diversifiés. Dans la perspective des évolutions climatiques nous considérons que c’est un atout à préserver pour notre région.

L’ARECABE veut porter une vision globale du canal. Son action dans le domaine de la navigation est un élément de notre politique de communication. Sur le territoire de la commune de Vierzon, ainsi que sur la commune de Thénioux le canal de Berry a pendant 3 mois et 5 mois un usage touristique important, puisque la ville et la communauté de communes Vierzon Sologne Berry ont une AOT. Cet usage permet la création d’emploi saisonnier où 2435 personnes 2014. Cet usage n’est possible que par l’alimentation en eau de l’écluse de la Chappe à Bourges et celle de l’YÉVRE à MEHUN sur YÉVRE. La DCE (Directive cadre sur l’eau) fixe des objectifs pour la préservation et la restauration de l’état des eaux superficielles.

L’atteinte du bon état écologique et chimique pour les masses d’eau. La continuité écologique sur les cours d’eau. L’absence de dégradations supplémentaires. La réduction ou la suppression des rejets de certaines substances classées comme prioritaire ou dangereuses. Le respect des objectifs dans les zones protégées. La loi de transposition de la DCE en droit français. Cette loi doit être compatible avec le SDAGE. Cette loi est complétée par la circulaire DCE 2055/12 du 28 juillet 2005 qui définit le bon état écologique et chimique au sens de la DCE. La LEMA (loi sur l’eau et les milieux aquatiques) vient compléter la réglementation française en matière de protection et préservation de l’eau et des milieux aquatiques. Beaucoup s’interrogent : "Comment l’obsession de la continuité écologique des cours d’eau a-t-elle pu tenir lieu de politique nationale pendant toutes ces années, et représenter une dépense publique aussi élevée ?", dépense dénoncée tout récemment par la Cour des Comptes ? Cela alors que l’évidence de la dégradation chimique et de ses effets biologiques est massive, que la France est déjà très en retard sur ces obligations plus anciennes, qu’au sein de la morphologie les seuils et barrages sont moins impactant que bien d’autres pratiques (bétonnage de berges, rectification de lit, destruction de ripisylves, extraction de granulats, érosion des sols versants, entraînant souvent une forte sédimentation, etc.).

Après étude de ce dossier, nous remarquons que tout est mis en œuvre pour la restauration des cours d’eau et la continuité écologique (piscicole et sédimentaire). Aménagement, reprofilage, reméandrage, restauration de la ripisylve , restauration de frayères, gestion des embâcles, aménagement d’abreuvoirs , aménagement de gué à bétail, mise en place de clôtures, gestion des espèces invasives …… Le financement Ce projet qui se déroulera sur 5 ans dont le coût aujourd’hui est estimé à 949.645 € se compose de différentes actions dont des études d’aides à la décision et ou à la définition(EtAD) pour un montant de 109.920 €. Année 1 coût des études 43.680 €. Ces études concernent les communes de : Mehun, Allouis, Foecy, les moulins Bablou, Crecy, Chancenay, complexe de Mehun, le vannage de la Prairie du Château. Vierzon : Dournon, Bourbiers, Moulin de la ville, Abattoir. Année 2 40 560 €……. Ces études, axées sur les seuils des moulins et les barrages, déboucheront inévitablement sur des travaux qui auront un coût aujourd’hui non pris en compte dans la DIG des milieux aquatiques du bassin de l’Yèvre. Quelle sera la somme à allouer à ces travaux ?? ; Ne devraient-elles pas être prises en compte dès le début de cette DIG ? Ce projet de 945.645 € va être augmenté de quelle somme pour obtenir un résultat partiel car toutes les pollutions ne sont pas prises en compte.

La pollution chimique, les barrages, les seuils de moulins, les vannages Il semble paradoxal de ne pas voir figurer l’atteinte à la qualité chimique de l’eau, hors rien n’est mentionné à ce sujet, car l’état chimique de l’eau doit faire l’objet d’un suivi régulier, car il conditionne les usages de l’eau, ainsi que l’état écologique des milieux. Le débarrage ne fait qu’envoyer chez le voisin les polluants chimiques.

Car l’augmentation de la population depuis un siècle avec son cortège de pollutions induites par les activités humaines débouchera (et cela commence) sur un emballement du réchauffement climatique. Alors que 2015 se terminera par la conférence de Paris, dont on attend des engagements de portée planétaire et de longue durée.

Les barrages, les seuils de moulins, les vannages sont-ils responsables des perturbations de l’équilibre écologique des cours d’eau par les remembrements, l’arrachage des haies, le drainage, la mise en cultures des zones humides. De la pollution par les produits chimiques et médicamenteux dont les résidus modifient non seulement la qualité de l’eau et des milieux aquatiques mais est aussi responsable de la mutation de certaines espèces. De l’utilisation intensives des herbicides, pesticides, engrais…. De la mauvaise gestion des stations d’épuration, des eaux de ruissellement, des rejets individuels. Certes certaines actions seront bénéfiques aux rivières mais ne pallieront en rien à la pollution chimique.

L’aménagement de gué à bétail : Ces aménagements n’interviennent-ils pas sur une propriété privée ? Un particulier a-t-il le droit d’être subventionné sur des fonds publics ? Une gestion concertée de l’utilisation des produits chimiques (herbicides, pesticides), des engrais, des stations d’épuration, des eaux de ruissellement ne serait-elle pas plus bénéfique à la qualité chimique de l’eau ? Rien dans cette étude ne prend en compte cette pollution chimique. Le rapport DIG + DLE donne au point 2 l’intérêt d’un patrimoine remarquable à préserver : les zones humides et la biodiversité, il nous semble important de préciser et voir inclure : Que le barrage de soutien dit de l’abattoir installé depuis 1830, assure un niveau d’eau dans la racle du canal de Berry, celui-ci ayant été construit dans l’Yèvre, de même que ce barrage vanne permet le passage des sédiments par le fait que les pelles se lèvent, très peu de surverses ont lieu dans l’année.

Il est important de noter que ce barrage permet l’alimentation du canal de Berry de Vierzon à Noyer-sur-Cher, sur un linéaire de 60 km, il assure de nombreux usages : • la navigation à Vierzon, pendant les 3 mois de Tourisme Nautique avec des créations d’emplois • de même que sur la commune de Thénioux, pendant 5 mois en périodes estivales.

Et puis le barrage va assurer, par le niveau de l’eau qu’il permet à l’aval de l’ancienne écluse de Grossous, de faire fonctionner au Moulin de l’Abricot la centrale hydroélectrique située dans l’enceinte du dit Moulin.

Les barrages n’ont-ils pas aussi un rôle régulateur en cas de crue ?

N’ont-ils pas été construits pour répondre à divers objectifs : contrôler les débits, constituer des réserves en eau, produire de l’énergie, élever des poissons, faciliter la navigation, créer des espaces de loisirs. Les seuils contribuent à remonter la nappe d’eau souterraine en amont et ainsi augmenter le stockage dans le sol, ils servent aussi au maintien des zones humides. Les zones humides sont des réservoirs riches en habitats et espèces. Ce sont des espaces à fort enjeux écologiques, économiques et sociaux. Elles filtrent les pollutions, réduisent l’érosion contribuent au renouvellement des nappes phréatiques stockant naturellement le carbone.

Elles ont aussi un rôle hydraulique en contribuant à la prévention contre les crues et limitant l’intensité des effets de sécheresse. En 2010 le ministère de l’écologie a mis en place un plan national d’actions en faveur du milieu des zones humides.

En arasant, les eaux polluées (mauvaise qualité physique et chimique) partiront plus vite vers le Cher puis la Loire et finiront ainsi dans les océans, chargées d’azote, de pesticides…

Ce magnifique plan d’eau au cœur de la ville de Vierzon, à deux pas du square Lucien Beaufrère n’a-t- il pas un attrait touristique et paysager, sans barrage ce lieu n’aurait aucun intérêt ! Autour de ces seuils et de ces barrages un équilibre écologique s’est installé. Suite à des travaux, combien faudra-t-il d’années pour rétablir ces habitats, ces écosystèmes. Un seuil de moulin ou un barrage installé depuis plus de 100 ans ne peut avoir d’incidence sur l’écosystème. Une bonne gestion des vannages ne nuit en rien à la libre circulation piscicole et sédimentaire.

Alors qu’aujourd’hui , les budgets de l’état se réduisent comme peau de chagrin, que le ministre de l’Ecologie, du développement durable et de l’Economie privilégie le traitement des pollutions plutôt que la restauration écologique, nous constatons que cette DIG n’est basée que sur les travaux de restauration écologique et d’entretien des milieux aquatiques du bassin de l’Yèvre. Pour toutes ces raisons l’ARECABE s’oppose à la mise en place de cette DIG telle qu’elle est présentée. Les EtAD doivent être menées en amont de ce projet de même que la problématique qui concerne la pollution chimique, elles ne sont ni étudiées ni chiffrées. Quel en sera donc le coût et qui financera ? Il serait plus judicieux d’attribuer toutes ces sommes pharaoniques à l’aménagement des seuils et barrages, au développement de la pico électricité, des activités nautiques et de loisirs.

Mireille CHARBY, André BARRE

Portfolio

Naigation à Thénioux Le barrage de Vierzon