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Les maisons éclusières

jeudi 6 janvier 2011, par Comité de rédaction

Les maisons éclusières du Canal de Berry

1ère partie

Tout au long du canal de Berry la nature s’affirme et on pourrait croire à une immense solitude. Mais dans cet univers, si vous empruntez les berges du canal, vous pouvez y découvrir des randonneurs (à pied, en VTT , à cheval), des pêcheurs… Quelques bulles à la surface de l’eau signalent une vie aquatique intense. Au fur et à mesure que vous avancez, vous verrez se profiler au loin une habitation, témoin du temps passé où la navigation était florissante : une maison d’écluse. Bâtie sur la rive gauche du canal, c’était le logement de l’éclusier et de sa famille. « Ce n’est pas rien d’être éclusier » J. Brel Les dépenses de construction avaient limité leur superficie au sol à 45 m² environ ! Le logement construit sur sous-sol était composé au rez de chaussée d’une pièce principale équipée d’une cheminée et sur le même plan se trouvait un cabinet. Par la cage d’escalier on accédait au grenier (combles), puis à la cave où « trônait » le four à pain. Un sellier était accolé à l’habitation, et à proximité un puits desservait l’alimentation en eau. La maison éclusière était un lieu de rencontres, mariniers, pêcheurs, ouvriers, cantonniers … et « l’on pouvait s’y ravitailler en boisson ou en denrées. (sans licence !) »

A la fin du 19ème siècle une profonde mutation sociologique reflète le changement de l’habitat. Les maisons d’écluses subissent des transformations, on prolonge l’habitation principale par une construction de 2 pièces. On aménage les combles, le logement devient plus spacieux.

A la fermeture du canal, les maisons éclusières sont vendues par les domaines. Aujourd’hui lieux d’habitation de particuliers, de résidences secondaires, elles sont toujours là. Mais des questions se posent pour certaines d’entre elles : vont-elles « vivre » longtemps ? Seront-elles toujours des points de rencontres ? L’abandon, le saccage ne doivent pas conduire à des démolitions ! L’objectif de rendre vie au Canal de Berry par sa réouverture avec le tourisme fluvial serait de maintenir en état les maisons éclusières en leur trouvant peut-être une autre utilisation : gîtes, point découverte… Sensibilisées, d es communes ne restent pas indifférentes à ce patrimoine.

2ème partie

La plupart du temps, toutes les maisons éclusières le long d’un canal sont du même style architectural. Le long du Canal de Berry vous découvrirez plus de quatre-vingts maisons encore existantes car certaines d’entre elles ont disparu.

Mais comment repérer les maisons éclusières ? Ces maisons ont, fixé sur la façade (pignon face au canal), un panneau indicateur. Ce sont généralement des plaques en tôle émaillées. Certaines de ces plaques ont disparu, d’autres récupérées dans les greniers, les caves (et même dans l’écluse !) attendent une rénovation. Ce panneau indicateur mentionne :
- le nom du canal,
- le nom de l’écluse,
- les distances vers la prochaine écluse ou ville.

Si aujourd’hui le Canal de Berry est en partie abandonné, il n’en est pas moins que les maisons éclusières n’ont pas été désertées. Qu’elles soient rive gauche, rive droite, plus hautes, plus larges, restaurées, agrandies, elles ont gardé des caractéristiques propres à leur construction. C’est ainsi que le long du Canal de Berry vous lirez sur ces plaques des noms portant l’appellation de l’écluse : nom du lieu-dit, nom de la commune. Écluse de Chambon, Écluse de Plaimpied, Écluse de l’Étourneau, Écluse de Lavau, Écluse de Langon, Écluse de Trompe Souris… sont autant de plaques témoignant de la vie du Canal que vous pourrez découvrir dès lors que vous emprunterez les berges de notre joli canal. Fixées sur les façades entre les fenêtres supérieures et inférieures de la partie principale de l’habitation d’origine, aujourd’hui, elles sont source de renseignements pour les promeneurs ou randonneurs qui parcourent le Canal de Berry.

3ème partie

L’habitation :

A l’origine, les maisons éclusières, bâties pour héberger l’éclusier(e) et sa famille, comptaient une pièce centrale – pièce à vivre - un cabinet, un escalier qui permettait l’accès aux combles (étage) et à la cave. La pièce à vivre, équipée d’une grande cheminée, qui chauffait l’habitation, était dotée d’un conduit descendant à la cave et qui desservait un four à pain. Dès lors où la famille s’est agrandie, des annexes ont été construites pour disposer d’un habitat plus spacieux.

. Ecluse du Petit Vernais

Certaines de ces maisons ont pu bénéficier de ces extensions, d’autres sont restées en l’état.

Des modifications architecturales ont d’autre part été apportées après la fermeture du canal de Berry « au goût » des acquéreurs. Des ouvertures typiques : Sur le pignon arrière, des ouvertures réduites, semi-circulaires pour les combles et, au niveau du rez-de-chaussée, deux fenêtres rectangulaires, l’une située dans le cabinet, l’autre dans l’escalier, donnaient accès à la lumière du jour pour éclairer ces lieux.

Ecluse de la Thizardière