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De la jonction du canal St Louis à l’écluse de Cazin

samedi 4 février 2017, par ARLETTE, MSMT

De notre point de départ au Pont de Ragon, commune de Torteron, nous faisons « marche arrière » en quelque sorte, pour retrouver la trace du canal, à quelques centaines de mètres, où nous l’avions quitté la semaine dernière, souvenez-vous c’était à Moulin Pruniers.

Et bien sur cette portion nous rencontrons à nouveau carrières, fours et usines à chaux, en ruine. Dont l’impressionnante usine à chaux hydraulique et à ciment naturel des Turlés, la carrière profonde que nous apercevons en arrière, est maintenant remplie d’eau.

Puis ce sont les fours à chaux des Gueffiers, on a quelque difficulté à les voir, mais ce sont 12 fours disposés en équerre, ce qui est assez rare, les fours sont habituellement disposés en ligne. Au Gueffiers nous traversons le canal, autrefois pont levis en bois. Nous voici à la jonction avec le canal St Louis, il ne reste plus qu’un semblant de bassin qui permettait aux péniches de virer. Les culées de la passerelle qui enjambait le canal St Louis, permettant la continuité du halage, un peu plus bas celles sur lesquelles reposait le pont-canal traversant l’Aubois, sont encore bien visibles.

La jonction canal de Berry - canal St Louis, hier et aujourd’hui.

C’est ici que la dernière portion en eau du canal prend fin, l’eau retournant à l’Aubois. Et puis l’usine de la Roncière, appellation prédestinée, envahie par les broussailles. La cheminée est encore debout.

Nil, le chien explorateur, nous fait quelque frayeur, mais tout rentre dans l’ordre après quelques efforts pour le sortir de la mauvaise passe.

Nous retournons sur nos pas jusqu’à Ragon, une autre usine à chaux y était implantée. De l’autre côté de la route l’usine de Pont Ragon et l’usine de Patinges. Toutes ces usines ont fermé vers les années 1930, certaines ont été reprises pour d’autres activités, comme à Ragon ou à Patinges, dont l’importante menuiserie Rousseau qui fabriquait des bois de charpente en lamellé collé.

D’un bon pas nous continuons sur le chemin de halage visiblement plus fréquenté sur cette portion. Passage sous le pont de chemin de fer – ligne encore empruntée de La Guerche à Beffes par les usines de Beffes. Cette portion de canal en eau est bien entretenue, grâce aux sociétés de pêche. Le canal entre Ragon et Patinges

Ecluse de Patinges, la troisième depuis Marseilles-lès-Aubigny, au km 40,686 depuis Fontblisse. Mais plus de plaque à la maison éclusière.

Mais où est donc la table de pique-nique ? Continuons notre chemin, Philippe venu à notre rencontre nous en indique une toute proche. Toute proche, oui, il faut voir, mais l’estomac dans les talons, et à la limite de l’hypo.... il est temps d’y arriver.

Quel festin ! Il y avait même des galettes dans les sacs à dos aujourd’hui !

Nous sommes au pont de Bernaud, autrefois pont-levis. Le lieu est très agréable, le soleil est de la partie. Le temps passe vite en bonne compagnie, il faut tout de même continuer. Bien que ce qui nous attende soit beaucoup moins agréable.

Quelques mètres parcourus et la ligne d’eau s’arrête ici.

Nous venons de parcourir une distance d’environ 4 km depuis les Gueffiers, où l’eau abondante et provenant de l’écoulement de différents étangs en amont de la « forge Bernaud » a redonné un beau caractère à ces lieux.

La suite laisse pantois, lorsque l’on sait qu’un projet de « canal à vélo » par les chemins de halage est en projet. Le passage à l’écluse des Andins donne un goût amer. Bien des lieux du canal ont été malmenés, mais ce secteur est affligeant.

On en oublie de signaler une autre ancienne usine à chaux, sur l’autre rive du canal tout en broussailles. Usine très bien placée entre canal et ligne de chemin de fer.

Nos pas suivent le chemin parallèle et par endroits en contre-bas du canal enfoui sous la végétation, avec cependant des coupes de bois récentes. Puis c’est le canal servant d’enfouissement de très divers déchets, et semble-t-il aujourd’hui encore, les dépôts continuent.

Enfin Le Chautay, le groupe s’est étiré et nous faisons un petit regroupement.

Ici, une fois la route traversée, c’est un autre paysage bienveillant, accueillant. Et pourtant nous sommes sur le même territoire communal que précédemment. Le canal est en eau, et déverse vers l’Aubois tout proche.

Il nous reste 1,4 km à parcourir jusqu’à notre point d’arrivée. C’était un parcours très contrasté, entre patrimoine industriel, paysages bucoliques (tout au moins au printemps) et abandon, détérioration.

Voilà ce qu’est aujourd’hui le canal de Berry, voilà pourquoi l’ARECABE s’investit autant pour aider les bonnes volontés à refaire vivre le petit canal.

Texte de Sabine, photos de Mireille, Arlette pour la mise page.